La Maternité de Kisenso en République démocratique du Congo effectue ses premières chirurgies de réparation de la fistule

Le 8 février 2013, trois patientes atteintes de fistule ont été opérées à l’hôpital de Kisenso, un hôpital de référence secondaire situé à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, – il s’agit des premiers services de fistule fournis sur le site.  Les clientes ont été accompagnées à l’hôpital de Kisenso à la suite d’une mission de sensibilisation menée dans la province du Bas-Congo, par Dr Dolorès Nembunzu et l’ambassadrice de la fistule Mama Anna, qui a été la première patiente opérée Dr Nembunzu il y a quelques années. La capacité à traiter la fistule obstétricale a été étendue à l’hôpital de Kisenso par le biais de la formation du personnel et grâce à l’amélioration des infrastructures chirurgicales, ce qui a permis de faire face au retard accumulé dans la prise en charge des femmes en attente d’une chirurgie réparatrice de la fistule dans la partie occidentale de la RDC.

Dr Nembunzu, chirurgienne expérimentée, spécialiste de la fistule de l’hôpital St Joseph de Kinshasa, et co-chercheuse travaillant sur le essai aléatoire contrôlé sur le cathétérisme à court terme, apporte son soutien au personnel par le biais du tutorat et du coaching, mais aussi en conduisant des interventions en chirurgie réparatrice de fistules complexes.  Trois infirmières de Kisenso ont suivi une formation de six jours sur le counseling conduite par Fistula Care en utilisant le curriculum de formation intitulé Counseling de la cliente souffrant de la fistule obstétricale.  Ces membres du personnel assisteront également à des formations continues en soins pré et post-opératoires pour soutenir l’équipe chirurgicale.

Le personnel de Kisenso durant la formation en counseling à l’Hôpital Biamba Marie Mutombo de Kinshasa.

Avant d’entamer les interventions de chirurgie réparatrice de la fistule sur le site, le Bureau Diocésain des Œuvres Médicales, organisation locale en charge de la gestion de Kisenso, a procédé à des travaux d’amélioration et de réparation dans les infrastructures chirurgicales à l’hôpital de Kisenso.  En octobre et novembre 2012, l’hôpital a effectué des réparations et des opérations de maintenance sur l’immeuble de la maternité (telles que la mise aux normes des fenêtres, des portes, des sols et des peintures), et la salle d’opération a également été dotée de nouveaux équipements spécifiques à la chirurgie réparatrice de la fistule.  En outre, une pièce séparée destinée aux consultations et au counseling des clientes a été mise à disposition, afin d’améliorer la qualité globale des services.  Pour mieux prendre en charge les patientes venant de l’extérieur de Kinshasa, l’hôpital de Kisenso prévoit également d’améliorer la maison d’attente pour l’accueil des femmes et de leurs familles.


En mémoire de Lyn Lusi – HEAL Africa

Cette semaine nous honorons Lyn Lusi en souvenir des services qu’elle a rendu à Heal Africa, l’hôpital qu’elle  a fondé avec son mari et chirurgien Dr Kasereka M. « J » Lusi en 2000. Elle est décédée le 17 mars 2012 et elle a été mise en terre  à Butembo il y a un an exactement.

Pour accéder à  la page web en mémoire de Lyn Lusi veuillez cliquer ici.


Réunion à mi-parcours de l’étude sur les essais randomisés contrôlés

Fistula Care et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ainsi que huit institutions partenaires travaillent actuellement ensemble dans le cadre d’une collaboration portant sur l’étude sur les Essais Randomisés Contrôlés (ERC) afin d’évaluer l’efficacité et la sécurité d’une cathétérisation pendant sept jours, à la suite d’une chirurgie réparatrice de la fistule, au lieu d’une cathétérisation sur 14 jours.   L’étude concerne huit structures situées dans huit pays africains, dont l’Hôpital St Joseph, en République démocratique du Congo, qui est représenté par Dr Dolores Nembunzu et Celé Manianga.   Au total, 512 femmes devraient participer à cette étude qui s’achèvera d’ici mars 2013 tandis que le suivi sera terminé peu de temps après, en juin 2013.  En décembre 2012, le taux d’inscription était de 62.9% tandis qu’à l’Hôpital St Joseph, il avait déjà atteint 73% du niveau escompté.

Une réunion de deux jours à mi-parcours de l’étude a été organisée à Genève en décembre 2012, l’objectif était d’évoquer la situation et la chronologie de l’étude ERC, d’examiner les éventuelles questions cliniques qui en ont découlé, mais aussi de planifier l’analyse des données ainsi que la finalisation de l’étude.  En sa qualité de principale co-chercheuse de l’Hôpital St Joseph, Dr Dolores Nembunzu a assisté à la réunion aux côtés des co-chercheurs issus d’autres sites, des coordinateurs/superviseurs régionaux de l’étude, du personnel de Fistula Care de New York et de nos partenaires de l’OMS.  « Cette étude examine un aspect majeur de la gestion des patients après une intervention en chirurgie réparatrice de la fistule et elle nous permettra enfin d’avoir des orientations objectives pour agir au mieux », a déclaré Dr Arrowsmith, co-chercheur et chirurgien spécialiste de la fistule.

Il n’existe pas de pratiques standardisées en matière de cathétérisation de la vessie à la suite d’une chirurgie réparatrice de la fistule.  Par ailleurs, aucune donnée empirique ne permet de privilégier une durée spécifique de la cathétérisation.  Si des durées de cathétérisation plus courtes s’avéraient plus sûres et si par la même occasion, les patientes pouvaient sortir de l’hôpital peu de temps après leur intervention chirurgicale, il serait possible de réduire le nombre d’infections et de complications liées au séjour à l’hôpital, de même que les coûts et de fait, les capacités en termes de traitement pourraient être augmentées.

« Nous espérons que cela pourra créer un précédent qui encouragera de nombreuses entités à entreprendre des recherches cliniques.  Une pléthore de domaines relatifs aux soins de la fistule demeure inconnue et les possibilités de recherches semblent infinies.  Cette étude constitue une première étape et incarne, à ce titre, un projet d’envergure historique, » a commenté Dr Arrowsmith, co-chercheur et chirurgien spécialiste de la fistule.


Réflexions de Karen Beattie sur la conférence mondiale sur la santé maternelle (Global Maternal Health Conference) 2013, en Tanzanie

Karen Beattie, Directrice du Projet Fistula Care, a assisté à la conférence mondiale sur la santé maternelle à Arusha, Tanzanie.  Ses réflexions sur le discours de clôture émouvant et motivant par Dr Mahmoud Fathalla sont présentées sur le site web de Women Deliver (en anglais).  En plus, son article se trouve sur le site web d’EngenderHealth (en anglais).


Activités de formation de Fistula Care en RDC

Le projet Fistula Care repose sur la volonté de « renforcer les capacités du personnel des structures sanitaires  à fournir des services de qualité en matière de réparation et de soins pour les femmes atteintes de fistule ».

Le projet Fistula Care a compilé les données relatives aux formations conduites de l’exercice 2006/2007 jusqu’à septembre 2012, dans l’ensemble des sites qu’il soutient en RDC.  Fistula Care a commencé ses formations à Heal Africa et Panzi en 2006/07, et une collaboration a par la suite, été mise en place avec IGL, MSRK, HBMM et l’hôpital St Joseph en 2010/11. Les prestataires (notamment les chirurgiens, les médecins, les infirmières, sages-femmes et d’autres membres clefs du personnel hospitalier) ont été formés dans 9 domaines.  Les résultats obtenus jusqu’en septembre 2012, peuvent être résumés ainsi :

Le counseling sur la fistule constitue un point essentiel du plan de formation pour l’année en cours, il s’appuie sur les programmes de formation en counseling récemment publiés par Fistula Care (pour la fistule obstétricale et traumatique),. En octobre 2012, le Dr Sita Millimono d’EngenderHealth et Mme Daoussou Beavogui ont animé la formation suivie par 10 prestataires à l’hôpital de Panzi, Bukavu.  Cette nouvelle figure dans le dernier bulletin d’information de Fistula Care.

En février et mars prochain, les autres sites bénéficieront de la formation en counseling sur la fistule.


Nouvelles publications d’EngenderHealth dignes d’intérêt

Cette semaine, nous souhaitons attirer votre attention sur de nouvelles publications et supports élaborés par le projet Fistula Care:

Les clients en quête de soins de la fistule traumatique ont des besoins en counseling relatifs à la complexité de leur condition. Ce supplément complète le programme de counseling pour faire face aux impacts physiques, sociaux et psychologiques spécifiques à la fistule traumatique. Le supplément fournit également des informations sur la façon dont les professionnels de la santé qui travaillent avec la fistule traumatique peuvent demander du soutien pour eux-mêmes.

  • Nouveaux résultats de recherches: une étude identifie les facteurs ayant un impact sur les résultats de la chirurgie réparatrice de la fistule

Fistula Care a conduit une étude prospective de cohorte portant sur plusieurs pays entre septembre 2007 et septembre 2010, au sein de 11 structures situées dans cinq pays – le Bangladesh, la Guinée, le Niger, le Nigéria et l’Ouganda.  Le principal objectif de cette étude était de déterminer les facteurs ayant un impact sur les résultats (fermeture et incontinence résiduelle) de la chirurgie réparatrice 3 mois après l’intervention.  Le deuxième objectif était d’examiner les facteurs socio-structurels liés à la fistule et de décrire les cas de femmes ayant recours aux services de chirurgie réparatrice de la fistule.  Les données recueillies dans le cadre de l’étude, ont jusqu’ici permis la publication de trois articles dans des revues scientifiques :

  1. Facteurs ayant une influence dans les résultats de réparation de fistule urinaire dans les pays en voie de développement: une étude méthodique, article publié dans l’American Journal of Obstetrics and Gynecology en février 2012.
  2. Déterminants des résultats postopératoires de réparation de la fistule : Une étude prospective de cohortes, paru dans le journal Obstetrics and Gynecology en septembre 2012.
  3. Les facteurs qui influencent le choix de la voie de réparation chirurgicale de la fistule urinaire, et l’influence de la voie de réparation sur les résultats de l’opération: Résultats d’une étude prospective de cohortes, publié dans le  British Journal of Obstetrics and Gynecology en octobre 2012

Pour lire les abstracts en français, veuillez cliquer ici pour les trois publications mentionnées ci-dessus:

Quelles sont les conséquences de la fistule?  Quels sont les éléments qui ont un impact sur la manière dont les patientes souffrant de fistule sont traitées ?  Fistula Care a le plaisir de vous annoncer la parution de son dernier dossier technique en date, qui fait état des expériences des femmes souffrant de la fistule au Bangladesh et en République démocratique du Congo.

Un grand nombre de supports sont à votre disposition sur le site Internet de Fistula Care:


Comment allez-vous commémorer la première Journée Mondiale de lutte contre la fistule obstétricale?

Le rapport du Secrétaire général des Nations Unies daté du 6 août 2012 et qui a pour titre « Supporting efforts to end obstetric fistula »  (Soutenir les efforts visant à éliminer la fistule obstétricale), (présenté ici sur le blog de la Communauté de Praticiens), a conclu qu’en dépit des progrès réalisés au cours de ces deux dernières années, la lutte contre la fistule obstétricale requiert le déploiement d’efforts ainsi qu’un soutien technique et financier croissants.

Le 21 novembre 2012, les membres de l’Assemblée générale des Nations Unies se sont une fois de plus, réunis sous le slogan « Avancement des Femmes » pour réaffirmer les engagements et fomenter des progrès pour cette cause.  Le 23 mai a notamment été choisi comme Journée Mondiale de lutte contre la fistule obstétricale.

“12.        Calls upon the international community to designate 23 May as the International Day to End Obstetric Fistula, and henceforth use the International Day each year to significantly raise awareness and intensify actions.”

“12.  Appelle la communauté internationale à désigner le 23 mai comme Journée Mondiale de lutte contre la fistule obstétricale, et dorénavant utiliser cette Journée Mondiale chaque année, pour contribuer à la prise de conscience et intensifier les actions menées en la matière. »

Pour lire le document en anglais, dans son intégralité, veuillez cliquer ici:

EngenderHealth souhaite avoir votre opinion sur ce que cela signifie concrètement pour la RDC et comment vous voudriez que cette journée soit commémorée.  Pour vous aider dans votre réflexion, vous pourriez vous poser les questions suivantes :

  • Quels sont vos objectifs clefs aux plans local et national ?
  • D’après vous, qui doit s’impliquer pour cette cause ?
  • Quelles sont les meilleures stratégies à adopter ?
  • Comment pouvons-nous travailler ensemble en tant que Communauté de Praticiens afin d’optimiser nos efforts ?

Il s’agit là d’un moment crucial pour développer le potentiel de la Communauté de Praticiens et saisir l’opportunité qui nous est offerte par les Nations Unies qui ont désigné le 23 mai comme Journée Mondiale de lutte contre la fistule obstétricale.  Veuillez nous faire part de vos opinions et contribuer au lancement d’un dialogue qui fera du 23 mai à journée à marquer d’une pierre blanche.

Veuillez noter vos commentaires sur le blog en utilisant le post figurant ci-dessous ou envoyer un email à l.nurse@engenderhealth.org pour exposer vos idées.


Communique du nouveau rapport UNFPA : ‘État de la population mondiale 2012’

Babatunde Osotimehin, Directeur Executif UNFPA

En 1994, cent soixante-dix-neuf pays ont affirmé le droit des individus à la planification familiale lors de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD). Dix-huit ans plus tard on estime que 222 millions de femmes n’ont pas accès à des services, des informations et des fournitures de planification familiale fiables et de qualité.*

Le 14 novembre 2012, l’UNFPA (Fonds des nations unis pour la population) a publié son rapport annuel État de la population mondiale, qui remet en lumière le droit de la planification familiale, titré  « Oui au choix, non au hasard ; planification familiale, droits de la personne et développement » Le Directeur Exécutif de UNFPA, Babtunde Osotimehin, a dévoilé le nouveau rapport à la presse.Cliquez ici pour regarder le vidéo en français.

Les thèmes abordé par le rapport son:

  • Le droit de la planification familiale
  • Analyse des données et des tendances pour comprendre les besoins
  • Problématique de l’accès universel
  • Impact social et économique de la planification familiale
  • Couts et avantages du respect du droit à planification familiale
  • L’universalisation du droit à la planification familiale

Cliquez ici pour lire le rapport complet en français

Cliquez ici pour lire le sommaire en français

Pour approfondir ce sujet au niveau national, le site web « Planification familiale en RDC » offre des informations clés.  En particulier, la partie ‘publications’ a des très bonnes ressources.

*UNFPA.2012. État de la population mondiale: oui au choix, non au hasard ; planification familiale, droits de la personne et développement. New York: UNFPA


MISOPROSTOL – ‘International Journal of Gynecology and Obstetrics’

Le ‘International Journal of Gynecology and Obstetrics’ a récemment publié deux articles cliniques (en anglais) qui étudient l’usage de misoprostol comme soin de premier ligne en cas d’avortement incomplet. Dans les milieux aux ressources limitées, le bas prix, stabilité à températures ambiant et augmentation de disponibilité ont contribué à intérêt pour misoprostol comme alternatif viable l’intervention chirurgicale.

Le but de cet article est d’examiner l’usage de ‘400-μg sublingual misoprostol’ comme traitement primaire pour l’évacuation utérine aux centres de soins de niveau inférieurs sans expérience de soins post avortement au Burkina Faso. Pour lire l'article en anglais cliquez ici.


Emission de Radio Okapi: “Comment prévenir et soigner la fistule” avec Dr Irène Katoba de UNFPA.

Le mardi 6 novembre, Radio Okapi a fait une émission de plus de 20 minutes consacrée à la fistule - “Comment prévenir et soigner la fistule”. Le présentateur Marcel Ngombo aborde ce thème avec Dr Irène Katoba, chargée des programmes fistules au bureau des programmes du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).

Dr Katoba donne une explication de la fistule et quelques précisions au public sur les signes, la prévention, le traitement et des conseils pour après une chirurgie réparatrice.

En encourageant les auditeurs à appeler pour faire des commentaires et questions, on écoute des gens de Kinshasa, les Provinces d’Equateur, Katanga et Kasaï Occidentale, y compris une femme qui a été touché par la fistule. Les appels ont fourni une occasion pour renforcer les messages d’éviter la grossesse précoce, utiliser les méthodes de planification familiale et surtout suivre les consultations prénatals et fréquenter les structures de soins.

Notamment, Dr Katoba souligne que tous les professionnels de santé devraient être informés d’utiliser le partogramme comme moyen de prévenir la fistule.

Pour écouter l’émission (en français) cliquez ici



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